Ces Gaulois, des sauvages ?

Une autre version est disponible ; la dynamique de la situation-problème est la même, seuls les documents diffèrent. Elle est peut-être mieux adaptée à des élèves de 6e ou de secondaire 1 (Québec) : La romanisation de la Gaule

Cette double-page est extraite du manuel d’histoire de secondaire 1 paru aux Editions du CEC

Gaulois version 2 (1)Gaulois version 2 (2)

  1. LES REPRÉSENTATIONS DES ÉLÈVES (identique à l’autre situation-problème)

Concernant les Gaulois, les représentations des élèves sont fortement alimentées par la les dessins animés ou films consacrant les aventures d’Astérix et d’Obélix. Même s’ils ne les connaissent pas, on peut considérer que l’œuvre de Goscinny et Uderzo incarne peu ou prou ces représentations. Les Gaulois y sont présentés comme malins, braillards, bagarreurs et gros mangeurs de sangliers. Et comme tout se finit par une fête, nous ne pouvons pas nous étonner de retrouver l’idée que les Gaulois aimaient les grands banquets au cours desquels ils dévoraient de la viande et buvaient du vin et de la bière. Ce n’est pas le régime alimentaire qui doit nous surprendre mais le terme de « dévorer » qui sous-entend une certaine voracité incompatible avec un comportement fin et civilisé ; terme que l’on rencontre dans certains manuels d’histoire.

Si nous avons recours au dictionnaire quand on ne peut au préalable s’assurer des représentations des élèves, on peut y trouver que l’adjectif gaulois signifie d’une gaieté un peu leste, grasse et franche. Autrement dit, encore une fois, le Gaulois serait plutôt rustre. Il nous semble que l’on retrouve ici un mépris qui a son équivalent dans celui de l’urbain par rapport au paysan, et peut être du Romain par rapport au Gaulois. D’autant que dans les dictionnaires, le mot romain est défini par des termes plus flatteurs : caractères d’imprimerie, chiffres et laitue (terme qui ne réjouit pas les élèves plus que cela !).

Serait-ce à dire que les Romains étaient plus « civilisés » que les Gaulois ? Plus que la réponse simpliste à cette question, c’est la façon dont la majorité de nos élèves pensent ce problème que nous voulons déranger.

La rencontre Gaulois – Romains est systématiquement pensée dans la perspective d’une romanisation. Mais les Gaulois étaient-ils si arriérés qu’ils n’auraient rien apporté dans la corbeille de cette rencontre ? Même si au bout du compte la réponse devait être négative, on ne doit pas éviter cette interrogation pour des questions méthodologiques et éthiques qui n’ont rien à voir avec un quelconque chauvinisme. Le lecteur pourra se rendre compte dans d’autres écrits que celui qu’il a entre les mains que nous posons systématiquement cette question, car on ne connaît pas d’exemple ou une conquête soit un simple anéantissement de l’autre.