Rome, du mythe à l'histoire, Histoire Sixième

Rome, du mythe à l’histoire

Pour consulter les documents de travail : Rome_Mythe-Histoire

1. Emergence des représentations

D’habitude, nous faisons émerger les représentations des élèves en leur posant une question très ouverte qui les amène à mobiliser leurs catégorisations du monde. Cette fois-ci, nous n’avons pas voulu leur demander ce qu’était pour eux les mythes ou bien l’histoire ou encore les deux successivement. Non, les élèves se sont mis tout de suite à la tâche.

La classe a été divisée en deux : trois groupes travaillaient sur les origines mythiques de Rome, trois autres sur les apports des archéologues. Notre surprise a été de constater que la quasi-totalité de la classe avait du mal à faire le distinguo entre mythe et histoire, et qu’une minorité, qui avait perçu la différence, n’était pas en mesure de formuler la différence entre les deux.

2. Le mythe a la vie dure

Pour les deux types de groupes, la mission est la même : « A l’aide des documents de la double-page, vous devez présenter sous la forme que vous souhaitez comment Rome a été créée ».

Groupes mythe

Les difficultés ont consisté à bien maîtriser la chronologie des événements narrés par Virgile. Les groupes « science » ont dû demander des précisions sur la généalogie de Romulus et Remus, se faire préciser les origines divines des frères. L’épisode des vautours a suscité beaucoup de débats dans la classe car les élèves « science » ne comprenaient pas où était le problème.

Le lecteur doit bien avoir à l’esprit que les documents sur la fondation légendaire de Rome s’achève par le meurtre de Rémus et présente Romulus comme le fondateur d’une Rome qui n’est pas encore construite, en gros au VIIIe siècle avant notre ère.

Groupes science

Les difficultés des groupes sciences tenaient au fait que les documents qui leur sont communiqués concernent plus l’après-fondation que la fondation elle-même. Finalement qui sont ces bergers premiers occupants ? Qui sont les Etrusques ? Quels liens ont-ils avec les fondateurs ? Sont-ils des « envahisseurs » ?

Autant de questions que vont à nouveau poser les élèves des groupes « mythe ». Il faut laisser les élèves qui ont travaillé sur ces documents tenter de répondre. L’enseignant peut aider à mettre de l’ordre en bâtissant, peu à peu, avec les élèves une frise chronologique.

3. Une analyse tumultueuse

Puis vient le moment de la confrontation entre ces deux versions.

Un groupe important d’élèves ne voit pas de contradiction majeure entre les deux versions. Ils sentent bien que l’on change de genre mais ils expliquent cela en pensant que la version mythique raconte l’histoire de Rome au tout début et la version historique ensuite. Autrement dit, l’une précède l’autre sans qu’il y ait contradiction. Les épisodes de la Louve et des vautours ne leur pose aucun problème. Seuls les mariages avec dieu et déesse laissaient quelques uns d’entre eux sceptiques.

Un autre groupe d’élèves, plus restreint, constitué d’élèves des deux groupes, tentaient de pointer le côté non scientifique de la première version. Il faudra une heure de discussion pour faire aboutir la discussion ! J’ai alors demandé à ce que chaque groupe formalise par écrit ce qu’étaient pour lui un mythe et une hypothèse scientifique.

4. La République romaine, une grande oubliée

Les Institutions de la République romaine ne sont plus au programme. Etonnant !

Pour nos élèves, République égale en gros démocratie. Il était intéressant de retravailler le concept de démocratie pour finalement installer celui d’oligarchie. Le mécanisme de la situation-problème est celui d’une interpellation faite aux romains par un athénien qui aurait voyagé dans le temps.

Dans les documents plus haut, je mets à la disposition des lecteurs la SP. L’analyse ne sera mise en ligne que bien plus tard, en fonction de la demande.