Condillac, « ce sont les adultes qui infantilisent les enfants ! »

Né en 1715, mort en 1780.

Abbé mondain, encore que sincère », dit (sincèrement ?) mais sans mondanité, le dictionnaire Quillet.

En 1740, il fait la connaissance de Jean-Jacques Rousseau, dont il devint l’ami.

Voltaire le considérera « comme valeur des idées ».

Le texte qu’on va lire est extrait de son ouvrage intitulé « La Logique ».

…. Les enfants sont déterminés par leurs besoins à être observateurs et analystes : ils ont, dans leurs facultés naissantes, de quoi être l’un et l’autre ; ils le font même, en quelque sorte, forcément, tant que la nature les conduit seule. Mais aussitôt que nous commençons à les conduire nous-mêmes, nous leur interdisons toute observation et toute analyse. Nous supposons qu’ils ne raisonnent pas, parce que nous ne savons pas raisonner avec eux ; et en attendant un âge de raison, qui commençait sans nous, et que nous retardons de tout notre pouvoir, nous les condamnons à ne juger que d’après nos opinions, nos préjugés et nos erreurs.

Il faut donc qu’ils soient sans esprit, ou qu’ils n’aient qu’un esprit faux. Si quelques-uns se distinguent, c’est qu’ils ont dans leur conformation assez d’énergie pour vaincre tôt ou tard les obstacles que nous mettons au développement de leurs talents : les autres sont des plantes que nous avons mutilées jusques dans la racine, et qui meurent stériles